Lisons!

  • LA PEAU DU TAMBOUR

    Petite vitrine, miniature, diorama... C'est ma participation au défi de juin sur ALM (heu, vous avez dit en retard?).

    Aucun terme ne convient réellement, il ne s'agit pas d'un monde à l'échelle, ni d'un véritable diorama, puisque la succession de plans afin de donner de la profondeur n'est pas respectée...

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    J'inaugure avec cette boîte à trésors une nouvelle catégorie 'Mes petits mondes littéraires'. Il s'agit en l'occurence d'un monde littéraire et policier, celui du roman d'Arturo Perez-Reverte, 'La peau du tambour'.

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    Dans la Séville actuelle, un prêtre est mandaté par le Vatican, car le Pape reçoit de bien curieux messages directement sur sa boîte e-mail personnelle! On lui dit qu'une église tue dans l'andalouse cité.
    Quelle est donc cette mystérieuse église? Qui est donc ce non moins curieux prêtre, le trop séduisant Lorenzo Quart? Entre magouilles immobilières, belle héritière, truands déjantés et démolition de vieilles pierres, la moiteur de l'Andalousie et les passions vont se combiner dans un récit délicieux de sensualité et de suspense...

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    Flamboyance d'un vieux papier-peint gaufré aux fleurs de velours rouge, dont j'ai repeint le fond à la dorure d'antiquaire, lit de poupée scié (au cutter, impossible de trouver une pauvre scie dans mes légendaires cartons!), puis patiné, grande croix en étain argenté repeinte en or, ordinateur de poupée mannequin (vouiiiiiiiii, repeint aussi!) avec en fond d'écran un petit bout d'une belle étiquette ancienne 'La liqueur des moines' (ça ne s'invente pas!), minuscule découpi, équivalent 19ème de notre 'Vous avez un message', débauche de dentelle noire, de pierreries, et d'estampes, toutes anciennes, délicates roses de papier anciennes sauvagement repeintes d'un envoûtant carmin, petite croix en lucite noire, petit tambour découpé sur une chromo publicitaire abimée et, sorties tout droit de ma remarquable collection de bijoux de touristes anciens (je vous vois venir, ce sont les bijoux qui sont anciens, les touristes, eux, sont morts depuis longtemps...), deux kitschissimes broches éventail en damasquiné de Tolède, histoire de ne pas échapper aux zibériques clichés!

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    Finalement, à part les peintures, vernis, paillettes, microbilles, ordinateur en plastique et la boîte à diorama en faux cuir grainé et patiné par mes soins, tout est vieux dans ce défi...

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    Oups, j'allais oublier! Le roman d'Arturo Perez-Reverte sera expédié avec cette création. J'y aurai inscrit de ma plus belle écriture l'histoire de ce délicieux trésor.

    Vous pouvez trouver cette merveille dans la petite boutique de L'esperluette bleue, sur A Little Market.

    Joyeuse soirée!

  • POUR LUCETTE ET LES MOTS

    En souvenir d'une note de la Bouate sur les rêves de Lucette de quand elle était petite et qu'elle souhaitait faire pousser des graines de mots rares, jolis et compliqués, je ne résiste pas à cet extrait de "Bonbon Palace", de Elif Shafak, dont je vous ai déjà parlé.

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    "Celle-de-cinq-ans-et-demi, qui avait coutume de profiter jusqu'au bout des privilèges que lui octroyait son statut de seule fillle et de benjamine de la maison, regardait son grand-père avec des yeux écarquillés d'effroi. Dans son "sac à grammaire" décoré de fanfreluches, où elle mettait tous les nouveaux mots qu'elle apprenait chaque jour, il y avait aussi un porte-monnaie à pression où elle en rangeait à part certains autres. Par exemple, "esprit", "apocalypse" ou bien "fantôme". Mais aussi "Léviathan", "diable", "défunt", "ogre" ou encore "cerbère". Elle serra dans ses tout petits doigts le mot "salamandre" qu'elle venait d'entendre et le rangea au même endroit. Pour elle, tous ces mots n'avaient qu'une seule signification: djinn! Quant à ce qu'était un djinn, elle ne le savait pas exactement, et dès qu'elle ressentait le besoin de s'en faire une idée, elle plongeait la main dans le petit porte-monnaie à pression à l'intérieur de son sac décoré de fanfreluches et en ressortait un mot au hasard. Ainsi, dans un recoin de son cerveau, une figure de djinn, indéfinie et vague, aussi diaphane qu'une aile de mouche, ne prenant jamais corps malgré tant de noms différents, se nourissait de tout ce qui passait à sa portée, et à force de grossir s'étendait chaque jour sur un territoire un peu plus vaste, comme un brouillard irrépressible."

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    Et souvenez-vous, comme dit si bien Dame Boitémoi: des mots on n'en a jamais trop!

    Joyeuse journée!

  • JE DEVORE... LES LIVRES (4)

    Quand même, c'est bien beau de laisser les commandes à Hercule de temps en temps, mais s'il sait maintenant escalader presque toutes les piles de cartons, je n'ai pas encore trouvé le temps de lui apprendre à lire...

    Reprenons donc le fil des pages...

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    Dans la suite logique de la rengaine: "J'aime les romans policiers", voici l'inspecteur John Rebus, de Ian Rankin. Rebus est écosais, un peu sur le retour, un peu porté sur la boisson, et très iconoclaste. Il fait partie de ces personnages de polar qu'on aime retrouver au fil des enquêtes, plus prétextes à la subtile et attachante description de la vie quotidienne d'un anti-héros qu'à la résolution pure d'énigmes à la Agatha Christie. "Une dernière chance pour Rebus " est le 13ème opus de cette prenante série.

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    On change totalement de registre avec la vie d'Avicenne, médecin juif et perse des temps où savoir et poésie se conjuguaient de pair chez les Croyants. Amour et vin participaient de la jouissance de la vie. A méditer, en ces jours où religion signifie trop souvent interdits et règlements... Les grands savants perses ou arabo-andalous taquinaient tous les étoiles, au sens propre comme au figuré; on n'était mathématicien ou astronome si l'on n'était poète.

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    Un petit bijou, une heureuse surprise, une saga très originale et extrêmement bien écrite. Ce Bonbon Palace, nom de baptème d'un immeuble autrefois extragavant, aujourd'hui bien délabré nous transporte à Istambul, entre exilés russes, dératiseurs, tombes de saints, mère au foyer désespérée, extrémiste de quartier et jumeaux figaros et barbiers. L'auteur est jeune (née en 1971) et repeint avec tendresse une société qu'on ne connaît pas, mais qui nous paraît très vite familière, tant les occupants du Bonbon Palace sont attachants.

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    Vous n'échapperez pas aux maths! Cet oncle Pétros, mystérieux, fût-il un génie ou un raté? A-t-il poursuivi toute sa vie la conjecture de Goldbach sans la démontrer? Voyage exquis dans le monde des mathématiciens, dans leur esprit surtout, qui me fascine encore et toujours... Je vous explique tout de même rapidement de koikoncause: il a longtemps existé trois grands mystères mathématiques, algébriques, bref, qui concernent ce qu'on appelle "la théorie des nombres": l'hypothèse de Riemann, le dernier théorème de Fermat, et la conjecture de Goldbach. Ces trois "hypothèses" se vérifient toujours et toujours, mais impossible de les prouver mathématiquement. La conjecture de Golddbach est réputée pour être la plus difficile à démontrer, je vous la livre ici: "tout nombre pair est la somme de deux nombres premiers". Au cazou ça vous tente...

    Je vous parlerai la prochaine fois d'un roman policier qui se passe à Oxford, sur fond de résolution du théorème de Fermat, seule des trois hypothèses à avoir été démontrée, en 1993.

    En attendant...

    Joyeuse soirée!